Sur le drapeau… Ordre et Progrès.
Brésil à nouveau…
Rio.
Dans la rue, la pauvreté et la violence policière
publiquement déclarent que tous ne sont pas égaux
devant la loi… que les plus élémentaires droits
civils ne valent pas pour tous…
Paradoxe d'un projet de modernité qui a déclenché
un vigoureux processus de modernisation économique, sociale
et institutionnelle mais qui a reproduit l'incivilité des
rapports sociaux.
Et dans les quartiers, retrouver les écoles de samba…
Un an, nos rêves ont frémi de cette impulsion irrésistible
!
"Une école de samba ?… La chose la plus désorganisée
qui fonctionne."
Une grande cour, une estrade pour la batterie, une buvette, quelques
bâtiments annexes…
Ça c'est le contenant.
Le contenu, ce que chacun y apporte : on coud les costumes, on
cuisine, on répète les chants, les chorégraphies…
Pour chacun de nous, c'est le travail d'une année au surdo,
à la caisse, au repique, au tambourim, au chocalho…
et l'envie d'apprendre encore et surtout… de se joindre aux
musiciens…
Avec au cœur, la leçon de Jonas, maître à
Mocidade, qui a su transmettre à sa manière combien
pour lui l'éducation musicale se fait par osmose.
Pour tous, c'est le lieu où se prépare, toute l'année,
le carnaval…
Une bulle de rêves…
De manière élémentaire, vulgaire même
: des paillettes, des strass, des plumes…
Du clinquant… du semblant…
Et la danse et la musique… ici inséparables…
Une alliance vitale qu'on sent traduire un tempérament
collectif...
Et l'exubérante beauté des cariocas… des corps
à damner…
A vif, le désir de vivre…
Au moment du défilé… payer cher l'inconfort…
Constater avec amertume que la couleur des visages blanchit ou
s'assombrit en relation directe avec le prix des places sur les
gradins…
Mais retrouver le même élan dans les clameurs !…
De la joie forcée sur fond de pauvre tristesse…
Et c'est justement cela qui rend le carnaval émouvant…
trop humain…
Bâtir des rêves dérisoires dans la misère…
mais obstinément.
Et là… on s'y retrouve tous !… Et on y revient
!
Les adresses s'échangent…
Ne dit-on pas qu'avec le premier ami qu'on se fait, une ville
commence à devenir notre ville ?